Histoire

La batterie-fanfare est un orchestre relativement jeune puisque sa création remonte aux années 1950. Sa composition repose principalement sur un regroupement de tous les instruments d’ordonnance, à sons naturels, c’est-à-dire sans système. Ces instruments d’ordonnance ont eu une histoire et une utilisation essentiellement militaire jusqu’au milieu du 20ème siècle. Ils ont rythmé les champs de bataille, le quotidien des armées et des cours princières pendant des siècles :

  • le clairon pour l’infanterie, en Sib, inventé en 1823 par le facteur français Antoine COURTOIS.
  • la trompette pour la cavalerie, en Mib, utilisée déjà par les mousquetaires de Louis XIII, elle prend sa forme actuelle au début du 1er Empire.
  • le cor pour les chasseurs, en Mib, employé dès 1830 (à ne pas confondre avec la trompe pour la vénerie, qui elle est en Ré).

Les précurseurs

Gabriel Defrance, compositeur et tambour-major de la Garde Républicaine de 1911 à 1933 a fait évoluer l’instrumentation à la Garde, notamment avec le clairon à piston, et dans les sociétés musicales civiles, puisqu’il était responsable technique de l’UFF et des Patronages de France (FSCF) durant sa retraite. Ces sociétés musicales se regroupent dans le fédéralisme né à la fin du XIXème siècle.

Batterie-Fanfare d'Elbeuf
Batterie-Fanfare d’Elbeuf

En 1936, la Musique de l’Air placée sous le commandement de Claude Laty est la première à se doter d’une Batterie avec tambours, clairons, trompettes et cors. Elle devient donc la première et véritable batterie-fanfare. Le Tambour-Major est alors Maurice Bonnard ; Robert Goute lui succède en 1953. Il faut attendre l’arrivée de Jacques Devogel aidé de Robert Goute, respectivement Chef et Tambour-Major de cette Musique de l’Air pour que le répertoire s’affranchisse de la tradition et s’oriente vers des styles nouveaux plus rythmés et modernes C’est le point de départ d’un répertoire extraordinaire de richesse et de diversité qui n’a de cesse d’évoluer durant cette soixantaine d’années. De nombreux compositeurs nous ont offert des centaines d’œuvres de tous styles et de toutes difficultés.

Les fondateurs (années 60)

La Batterie-Fanfare de la Musique de l’Air fait école dans les formations professionnelles à caractère militaire, mais aussi et surtout dans le monde musical amateur où de nombreuses « cliques » prennent cette nouvelle configuration. La « clique » est une appellation longtemps utilisée pour désigner la batterie d’une musique militaire (clairons et tambours), ou diverses formes de fanfares civiles ou militaires. Ce terme est rejeté et abandonné progressivement à partir du milieu du xxe siècle l’appellation ayant un caractère péjoratif.

BF de l'Air                                                    Musique de l'Air

 

Au fil des années, l’instrumentation de la batterie-fanfare évolue en même temps que le répertoire. Les premières œuvres se contentent des instruments d’ordonnance auxquels on ajoute les clairons basses, trompettes basses et contrebasses à pistons (seuls instruments à système) avec un accompagnement rythmique de tambour ou caisse claire et grosse-caisse, cymbales.

Photos tambours
Tambours de Château-Thierry

Progressivement, tout l’éventail des percussions est adopté et les instrumentistes « Tambours » deviennent d’authentiques percussionnistes, sans pour autant abandonner la haute technicité sur leur instrument de prédilection. L’école française du tambour ne s’est jamais aussi bien portée et elle nous est enviée dans le monde entier.

La BF aujourd'hui

De multiples expériences sont réalisées avec des instruments « invités », instruments à sons naturels dans d’autres tonalités, guitare basse, saxhorn basse ou euphonium (adoptés définitivement), trompette à pistons, trombone, piano, violoncelle, accordéon, flûte, chant, saxophone, instruments celtiques, steel drums, etc…

Enregistrement de "Centavia"par Chapdes Beaufort. Création avec ensemble à cordes.
Enregistrement de « Centavia »par Chapdes Beaufort. Création avec ensemble à cordes.

La batterie-fanfare est donc un véritable orchestre pouvant aborder tous les styles et qui continuera d’évoluer tant les possibilités sont infinies.